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La crise sanitaire accélère les mutations de la biologie médicale

Développement de la biologie moléculaire, innovations technologiques et poursuite de la consolidation du secteur : en première ligne sur le front de l’épidémie de Covid-19, les laboratoires de biologie médicale poursuivent leur mue.

L’étude que vient de publier le pôle Santé des Echos Etudes (Le secteur de la biologie médicale post-covid, novembre 2021) permet de mesurer l’ampleur des défis auxquels le secteur doit faire face depuis le début de la crise sanitaire. Dès le mois de mars 2020, les laboratoires privés se sont engagés dans un dépistage de masse des populations exposées au virus, prenant le relais des établissements hospitaliers et de leurs unités de biologie moléculaire. Le secteur, qui connaissait ces dernières années une croissance régulée – et donc relativement modérée – a fait un bond spectaculaire : son activité a augmenté de 32 % en un an, passant de 4,7 Md€ en 2019 à 6,3 Md€ en 2020. À eux seuls, les tests RT-PCR (Reverse-Transcription-Polymerase Chain Reaction) ont représenté, en valeur, près de 30 % du chiffre d’affaires des laboratoires. Le premier semestre 2021 s’inscrit dans la même tendance : à fin juin, leur activité s’est élevée à 8,4 Md€, dont 3,8 réalisés grâce aux tests RT-PCR (données sur 12 mois glissants). Outre ces volumes inédits, la crise a eu comme conséquence directe de porter la biologie moléculaire à des niveaux jamais atteints. Limité jusqu’alors à quelques domaines très spécifiques (dépistage des infections à Chlamydia et HPV, détection du virus d’Epstein-Barr), ce segment de la biologie ne représentait en 2018-2019 que 1 % de l’activité des laboratoires. Avec la Covid-19, cette part est passée à plus de 25 %...

Parallèlement à la gestion de la crise, le secteur a continué à se consolider. Les dix premiers groupes ou réseaux intégrés représentaient, fin 2020, 68 % de l’activité totale du secteur, soit 1 point de plus qu’en 2019. Le secteur est dominé par Biogroup et Cerba HealthCare, avec respectivement 16 et 14 % de parts de marché. On dénombre désormais un peu plus de 400 laboratoires sur l’ensemble du territoire (soit 10 fois moins qu’en 2010). En revanche, le nombre de sites a plutôt tendance à augmenter, dépassant les 4 100 mi-2021. Dénoncée ou regrettée par certains, la restructuration à marche forcée du secteur a créé des groupes puissants, d’envergure nationale, disposant de ressources financières, humaines et logistiques qui leur permettent de relever les nombreux défis lancés par l’épidémie. L’étude pointe toutefois les risques financiers que celle-ci induit : les investissements massifs dans les matériels et réactifs, les embauches de techniciens et de préleveurs, ainsi que la hausse des coûts salariaux vont peser sur leurs résultats. Des investissements qui devront être rentabilisés, mais qui pourraient s’avérer très utiles à plus long terme, dans la perspective d’un développement important de la biologie préventive. Un domaine que la crise place au premier rang et qui devrait connaître une forte expansion dans les années à venir, soutenu par la nécessité de mieux dépister les cancers et d’accompagner le développement de la médecine « anti-âge ».



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